Le vieillissement de la population française entraîne une augmentation de la demande de prise en charge des troubles de la vision, DMLA, glaucome, cataracte… Les besoins en formation de professionnels experts dans la prise en charge de ces pathologies sont devenus un enjeu de santé publique majeur en France comme à l’international.
La Fondation 15-20 pour la vision, grâce au soutien de donateurs et de mécènes, accompagne l’hôpital dans le développement de projets innovants. Ainsi, elle accompagne de nombreux projets dans le domaine de l’excellence des soins pour tous, notamment par l’enseignement et la formation de la prochaine génération de chercheurs et de cliniciens ophtalmologistes de renommée mondiale.
Deux nouvelles initiatives phares sont portées par nos professionnels : l’École de chirurgie et le projet de formation à l’anesthésie loco-régionale par la simulation 3D.
L’École de la Chirurgie des 15-20, tremplin vers l’excellence médicale
Inaugurée en 2023 sous l’impulsion du Professeur Christophe Baudouin, l’École de chirurgie des 15-20, soutenue par l’Académie nationale de chirurgie, redéfinit les standards de l’enseignement en chirurgie ophtalmique. Ses équipements de pointe et sa pédagogie s’adressent aussi bien aux internes, français et étrangers, qu’aux médecins confirmés souhaitant se perfectionner. « La simulation en chirurgie ophtalmique est aujourd’hui possible, explique le Dr. Paul Bastelica, coordinateur médical de l’École de chirurgie des 15-20. Depuis déjà près de huit ans, l’Hôpital des 15-20 utilise un simulateur chirurgical aurpès des internes en formation à Paris. Or, cette étape est désormais obligatoire pour les internes en formation en Ile-de-France. Nous avons donc décidé d’ouvrir nos portes à un plus large public. » Cet outil permet d’apprendre et de maîtriser les gestes chirurgicaux dans un environnement sécurisé, fidèle à la philosophie de l’École : jamais la première fois sur un patient. « Pour les patients opérés aux 15-20, c’est la certitude de bénéficier d’une prise en charge qui reflète l’engagement de l’hôpital pour la rigueur et la sécurité de ses soins », poursuit le Dr Bastelica.
« Nous voulons améliorer la compétence des chirurgiens à un niveau national, précise-t-il. Notre rayonnement repose sur la qualité de nos soins mais aussi sur l’excellence historique de notre formation. » Si les formations actuelles se concentrent sur des techniques fondamentales comme la chirurgie de la cataracte et de la rétine, l’École ambitionne d’élargir son champ d’action dès cette année. Parmi ses priorités : les techniques avancées de prise en charge du glaucome ainsi que les chirurgies réfractives et des paupières, qui viendront renforcer son rôle de pionnier dans tous les domaines techniques de l’ophtalmologie.
Le rayonnement de l’École de chirurgie des 15-20 repose sur la qualité de notre formation mais aussi sur le fait qu’en France, une grande partie des chirurgiens ophtalmologues ont été formés ici.
Mais l’innovation pédagogique des 15-20 ne s’arrête pas à l’École de chirurgie. Avec le développement d’un parcours de formation dédié à l’anesthésie loco-régionale du globe oculaire par simulation 3D, l’hôpital poursuit son ambition d’offrir des outils à la hauteur des enjeux médicaux actuels.
Former autrement à l’anesthésie loco-régionale
L’anesthésie loco-régionale (ALR) consiste à anesthésier un nerf à distance de la zone opératoire. Alternative à l’anesthésie générale, elle est particulièrement adaptée aux urgences (patients non à jeun) et aux interventions qui nécessitent une immobilisation complète de l’œil (décollements de rétine ou plaies du globe). Elle présente de nombreux avantages : meilleure gestion de la douleur post-opératoire, prévention des douleurs chroniques et réduction du recours aux morphiniques. Pourtant, elle reste sous-utilisée car elle demande une maîtrise technique élevée, comme le souligne le Dr Malcie Mesnil, anesthésiste-réanimatrice aux 15-20 : « Nous piquons juste en-dessous de l’œil. Bien que les risques sont faibles, les complications, notamment cardio-respiratoires, peuvent être graves. Apprendre à réaliser ce geste en toute sécurité est donc absolument fondamental. »
Pour répondre à ces enjeux, le Dr Malcie Mesnil pilote la création d’une formation spécifique, centrée sur l’apprentissage pratique autour d’un simulateur. Le programme, destiné aux internes et aux anesthésistes en exercice, s’articule autour de trois étapes complémentaires :
- Une partie théorique, pour maîtriser les bases anatomiques et les protocoles de sécurité,
- Des séances pratiques sur simulateur 3D, pour répéter les gestes, gérer les complications et acquérir une autonomie technique,
- Un stage d’observation, pour assister à des procédures réelles et analyser les pratiques.
Élément central du parcours, le simulateur reproduit fidèlement les conditions d’une intervention grâce à des technologies de pointe : il combine réalité augmentée, échoguidage et modélisation anatomique. Les apprenants manipulent des sondes d’échographie et d’injection, perçoivent les résistances ou pertes de résistance et visualisent des structures anatomiques invisibles à l’œil nu… Cela leur permet de localiser avec précision l’aiguille, vérifier la diffusion de l’injection et perfectionner leur gestuelle. Ils peuvent même simuler des complications. « Nous souhaitons faire de cette formation un standard, non seulement pour sécuriser nos pratiques, mais aussi pour faire reconnaître pleinement l’expertise des anesthésistes des 15-20, conclut le Dr. Malcie Mesnil. Un des enjeux prioritaires aujourd’hui, au-delà de minimiser les risques – déjà extrêmement faibles – pour le patient, réside dans la capacité du praticien à se sentir pleinement autonome et confiant lors de la réalisation de ces gestes techniques.»
Le simulateur est une révolution pour la formation en anesthésie loco-régionale. Il permet de perfectionner chaque geste, de simuler des situations complexes et de renforcer la confiance des praticiens dans un environnement totalement sécurisé.