Chargée d’histoire, cette chapelle est à la fois un repère spirituel, un lieu de mémoire et un vestige architectural unique. Aujourd’hui fragilisée par le temps, elle fait l’objet d’un projet de restauration destiné à lui redonner toute sa place dans le paysage historique et hospitalier des 15-20.
La Chapelle Saint-Rémi
La chapelle Saint-Rémi est le seul vestige, avec le porche d’entrée, de l’ancien Hôtel des Mousquetaires noirs, prestigieuse caserne construite entre 1699 et 1704 par l’architecte Robert de Cotte, sur les plans de Jules Hardouin-Mansart.
Désaffecté puis vendu en 1775, l’ensemble est acquis en 1780 par le cardinal Louis de Rohan. En sa qualité d’administrateur, il y transfère l’institution des Quinze-Vingts, fondée au XIIIe siècle par le roi Saint Louis pour accueillir les aveugles. Cette institution, jusque-là établie rue Saint-Honoré, trouve un nouveau siège dans l’ancien hôtel des Mousquetaires noirs. La chapelle y reprend le vocable de Saint Rémi, déjà porté par la précédente église.
En 1789, la chapelle est agrandie par l’ajout de trois travées et d’une tribune. Elle accueille alors une partie du mobilier liturgique de l’ancienne église, notamment des vitraux représentant la Vierge, saint Louis, saint Rémi, saint Joseph et saint Jean-Baptiste. Fermée pendant la Révolution, la chapelle est un temps louée à la Ville de Paris, avant d’être rendue au culte au début du XIXe siècle pour les offices de l’hospice des aveugles et ceux de la paroisse Saint-Antoine.
Au fil du XIXe siècle, la chapelle connaît plusieurs transformations, dont l’ajout d’annexes, démolies depuis. Deux verrières datées de 1892 décorent le chœur encore aujourd’hui.
Avec la construction de la nouvelle église Saint-Antoine, la chapelle Saint-Rémi est peu à peu réservée aux résidents de l’hospice des aveugles. Les bâtiments paroissiaux alentours sont démolis ou transformés en ateliers. À partir de 1960, un vaste projet de modernisation de l’hôpital entraîne la destruction progressive de l’ancien hospice. Seule une partie de la chapelle est conservée, sa nef étant en grande partie démolie puis reconstruite. Une extension est ajoutée, avant d’être elle-même supprimée dans les années 1980 et remplacée par l’accueil actuel de l’aumônerie.
Face à la menace d’une disparition totale, la chapelle et le porche d’entrée sont inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques en 1976, acte qui permet leur préservation. Ainsi sauvée, la chapelle Saint-Rémi constitue aujourd’hui un précieux témoin de l’histoire hospitalière, religieuse et architecturale de Paris.
Cependant, ce lieu montre aujourd’hui des signes de fragilité. C’est pourquoi un projet ambitieux de restauration a été initié afin de préserver et de valoriser ce patrimoine au service de tous.
La préservation de la chapelle
Lieu de mémoire, de recueillement et d’accueil, la chapelle Saint-Rémi est aujourd’hui confrontée à une dégradation progressive de ses structures et de ses décors. Si elle demeure un repère précieux dans l’enceinte de l’Hôpital national des Quinze-Vingts, sa préservation à long terme est désormais menacée.
Dans cette perspective, une étude diagnostic approfondie a été menée en février 2024. Elle révèle la nécessité impérieuse de restaurer l’édifice et d’en améliorer l’accessibilité, afin d’en assurer la transmission aux générations futures.



