Apporter de l’évasion à l’hôpital pour les jeunes patients

Venir à l’hôpital est souvent un moment délicat pour les enfants, comme pour leurs parents. L’attention, l’écoute et la bienveillance des équipes jouent un rôle essentiel pour rendre cette expérience plus sereine. A l’hôpital des 15-20, cette conviction se traduit par une série d’initiatives qui placent les jeunes patients et leurs familles au cœur de la prise en charge.

En 2026, un projet de fresque pédiatrique verra le jour dans les tout nouveaux espaces de chirurgie ambulatoire de l’hôpital. Portée par Ketty Guillaume, cadre de santé au sein du service, et soutenue par la Fondation 15-20 pour la vision grâce à la générosité de ses donateurs et mécènes, cette fresque colorée et poétique marquera la première étape d’un vaste programme d’aménagements pensés pour rendre l’hôpital plus accueillant et apaisant.

« L’ambition est d’offrir aux enfants et aux familles un parcours de soin toujours plus fluide, attentif et adapté à leurs besoins. »
Pr Isabelle Audo, cheffe du pôle pédiatrie

Des lieux qui mettent en confiance

C’est en observant le quotidien des enfants opérés que Ketty Guillaume a eu l’idée de ce projet : « Les espaces de soin sont souvent pensés pour des adultes, explique-t-elle. Nous voulions créer des repères visuels et une atmosphère douce, sans transformer l’hôpital en décor de dessin animé. »

L’illustratrice Juliette Gillard a imaginé un univers autour du thème des quatre saisons : un décor vivant, à la fois coloré et apaisant, qui accompagnera les enfants dans leur parcours de soin. La fresque prendra place dans huit boxes de chirurgie ambulatoire, utilisés pour les jeunes patients les jours d’intervention, et accessibles aux adultes le reste du temps. Son installation est prévue pour le printemps 2026, à l’ouverture des nouveaux espaces.

Au-delà de ce projet emblématique, d’autres unités des 15-20 repensent également leur cadre d’accueil. Dans le Centre de Référence des Maladies Rares Referet, par exemple, des espaces adaptés sont progressivement aménagés : coins jeux pour les plus petits, lectures pour les enfants du primaire, lieux d’échanges pour les adolescents. Ces aménagements, encore en développement, participent d’une même ambition : faire de l’hôpital un lieu plus familier, plus humain, et réduire l’appréhension liée aux soins.

Des gestes qui font la différence

Dans le quotidien des soignants, cette attention se traduit par de multiples petits gestes qui apaisent et rassurent. Pour aller au bloc opératoire, les enfants montent désormais à bord d’une petite voiturette, plutôt que sur un brancard traditionnel. Une façon ludique et rassurante de transformer un moment de tension en instant de complicité. « Les enfants adorent, raconte Ketty Guillaume. Les brancardiers jouent le jeu, les parents les accompagnent, et tout le monde arrive plus détendu au bloc. »

À la fin de leur parcours, un “diplôme du courage” aux couleurs des 15-20 leur est remis, pour saluer leur bravoure. Ces gestes simples, mais sincères, rappellent que le soin commence par l’accueil, le regard, la parole. « Valoriser l’enfant, rassurer les parents, c’est aussi important que l’acte médical lui-même », insiste Ketty Guillaume.

Un hôpital tourné vers l’avenir

Ces transformations s’inscrivent dans un mouvement plus large porté par les équipes de pédiatrie, sous l’impulsion du Pr Isabelle Audo.

L’objectif : accompagner chaque jeune patient tout au long de son parcours, parfois depuis le diagnostic d’une maladie rare jusqu’à l’âge adulte.

« L’ophtalmologie pédiatrique évolue très vite, explique-t-elle. Nous renforçons la prévention et adaptons nos prises en charge à une nouvelle génération d’enfants. » La myopie, notamment, connaît une progression rapide, liée à la surexposition aux écrans et au manque d’activités en extérieur. Ces constats encouragent les équipes à imaginer des soins toujours plus globaux, mêlant excellence médicale et approche éducative.

Ainsi, les fresques ne sont pas seulement un décor : elles deviennent un véritable outil thérapeutique, un moyen de rendre le lieu de soin plus humain, plus joyeux et plus rassurant — à hauteur d’enfant.